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Nouvelles


COMMUNIQUÉ

Après les sept années de vaches grasses...

Ceux qui croient que les vœux habituels de bonne année s’appliquent au monde économique sont peu nombreux. La commotion provoquée par les séismes économiques et financiers de l’automne dernier a fait place à un pessimisme sans merci au sujet de l’avenir à court terme. Triste façon de commencer la nouvelle année. À quoi devrions-nous nous attendre?

La croissance mondiale sera beaucoup plus lente. C’est déjà assuré, vu le brusque affaiblissement de l’activité à la fin de 2008, qui a coupé l’élan à l’approche de 2009. Les prévisions ont été fortement révisées à la baisse et seront encore passées à la loupe quand les données finales de 2008 seront publiées.

Mais les mauvaises nouvelles ne sont pas finies. Il faut s’attendre à de sombres manchettes, et sur plusieurs fronts. Premièrement, le ralentissement mondial graduel et soutenu a atteint les marchés émergents, mais les données économiques agrégées sont encore floues. La tendance carrément à la baisse des données récentes laisse croire qu’il faut s’attendre dans les mois qui viennent à des statistiques sur le PIB qui feront réfléchir. Qui plus est, quand la réalité du ralentissement de l’activité s’enracinera, le processus d’adaptation pèsera certainement encore plus sur la croissance économique.

Les marchés du travail seront une deuxième source de mauvaises nouvelles. Les preuves de l’affaiblissement de la demande à l’égard d’un vaste éventail de biens et services abondent déjà, mais la léthargie de l’économie commence à peine à se traduire par une diminution de l’emploi. Ce n’est pas étonnant, car les fluctuations de l’emploi accusent habituellement un retard par rapport aux variations de la production, mais quand les pertes d’emploi se multiplient, les contrecoups sont habituellement très prononcés. Les récessions récentes dans le G7 ont fait monter les taux de chômage de 3,8 % en moyenne, mais jusqu’ici, le chômage n’a augmenté que de 1,2 %. Si l’histoire se répète, nous ne sommes pas au bout de nos peines.

L’évolution politique est une troisième source potentielle de mauvaises nouvelles. La détérioration de la conjoncture économique accentue normalement les tensions politiques, et la situation actuelle ne sera probablement pas différente. Il y a peu de changement pour le moment, mais d’autres vagues de faiblesse mettront le statu quo à l’épreuve.

Dans ce contexte économique, les débouchés seront plus difficiles à trouver. Dans de nombreuses industries, les ventes déclineront nettement. Et quand les ventes baissent, la concurrence s’intensifie, ce qui menace la part de chacun dans un gâteau de plus en plus petit. En outre, les marchés qui ont offert les débouchés les plus lucratifs ces dernières années – les marchés traditionnels du Canada – sont ceux dont les perspectives à court terme sont les plus sombres. Enfin, même s’il y a des occasions d’affaires, les bouleversements sur les marchés des capitaux ont rendu le capital, encore abondant il y a un an à peine, beaucoup plus difficile d’accès.

Pourtant, il y a encore des débouchés intéressants. Même s’ils seront frappés eux aussi par le ralentissement mondial, les marchés émergents afficheront tout de même une croissance bien supérieure à celle du Canada et de ses clients traditionnels. Profiter de cette croissance constitue un puissant antidote à la conjoncture difficile, comme l’ont constaté de nombreux exportateurs canadiens depuis deux ans. Un autre antidote est le torrent de mesures de relance prises par les gouvernements du monde entier. Les pays souhaitent dépenser ces fonds instantanément, et ceux qui seront prêts à vendre rapidement aux bénéficiaires de cette manne ont un avenir prometteur à court terme.

Conclusion? Les mauvaises nouvelles, la confiance en berne et une diminution des ventes seront monnaie courante en 2009. Dans ce contexte, les entreprises devront redoubler d’efforts, ne serait-ce que pour maintenir leur chiffre d’affaires de 2008. Mais elles seront récompensées : les hausses des parts de marchés qui en découleront assureront de riches dividendes lorsque l’économie mondiale finira par se redresser.

Les vues exprimées dans ce propos sont celles de l‘auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement le point de vue d´EDC.

Peter G. Hall
Vice-président et économiste en chef
Exportation et développement Canada
phall@edc.ca

8 janvier 2009 / CC








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