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Nouvelles


COMMUNIQUÉ

Chronique : Prince Rupert, port de l'avenir

On n’entend plus parler sur un ton paniqué des capacités insuffisantes des ports de la côte Ouest américaine, ce qui n’est guère surprenant, étant donné que les flux commerciaux internationaux devraient chuter de 12 % cette année. Soudain, les ports du monde entier se trouvent en surcapacité, ce qui donne à penser que les investissements dans les infrastructures portuaires vont baisser à court terme. Ce serait une réaction initiale logique, mais qui risque de raviver des problèmes quand l’économie mondiale se redressera.

L’automne 2004 semble bien loin si l’on songe aux événements actuels. L’économie mondiale s’est envolée pour arriver à un taux d’expansion extraordinaire de 4.9 %. À la fin de l’été, les ports de la côte Ouest étaient si congestionnés qu’il n’était pas certain de pouvoir livrer à temps toutes les marchandises des Fêtes. La catastrophe a été évitée – la capacité en conteneurs a enregistré une augmentation à deux chiffres –, mais la poussée n’a duré qu’un an. Parallèlement, la capacité des ports asiatiques a pratiquement augmenté trois fois plus vite. On aurait dit une répétition de 2004, jusqu’à ce que la récession s’installe.

L’expansion des ports de la côte Ouest se révèle difficile. Il faut encore beaucoup investir dans les réseaux routiers et ferroviaires pour augmenter la capacité. La plupart des grands ports de la région sont très congestionnés et il n’existe guère de solutions faciles. En outre, la population locale est rarement favorable à une forte augmentation de la circulation dans ses villes. De plus, devant les émissions des moteurs diesel des gros navires, la menace d’un moratoire sur l’expansion du réseau portuaire Los Angeles-Long Beach, qui est essentiel, plane.

Vancouver a réagi. D’une capacité inférieure à 2 millions d’équivalents 20 pieds (EVP) en 2004, le port est passé à 3,6 millions d’EVP en 2008. Les plans pour l’avenir sont impressionnants, mais insuffisants au regard des besoins. Les ports asiatiques, hors Chine et Japon, prévoient d’ajouter 10,3 millions d’EVP d’ici 2012. La Chine, dans le même temps, compte en ajouter 15,3 millions et les principaux marchés développés, 19 millions, ce qui est impressionnant mais inférieur à ce que prévoient les marchés émergents de leur côté. Quant aux projets des ports de la côte Ouest, ils semblent légers, avec tout juste 3,8 millions de nouveaux EVP entre 2009 et 2012.

Pour l’instant, la situation est inquiétante. Mais du dilemme de l’expansion naît le port de l’avenir. Les ports se sont toujours développés autour de grands centres commerciaux, là où la demande immédiate de marchandises débarquées est importante. À partir de là, d’autres produits peuvent être transportés vers l’intérieur des terres, vers d’autres marchés. Mais étant donné les problèmes de congestion, et l’absolue nécessité actuelle d’une livraison des marchandises fiable et juste à temps, le port non congestionné représente une solution bien plus intéressante. Il existe peu de ports en eau profonde inexploités sur la côte Ouest, mais depuis quelque temps, quelques projets clés sont sérieusement étudiés.

Le plus probable est sans doute celui de Port of Prince Rupert, dans le Nord de la C.-B. Il s’agit d’un port en eau profonde naturel qui fait gagner trois jours dans le transport de la Chine à LA. Ce port toute-saison bénéficie d’un accès ferroviaire direct qui permet d’acheminer les marchandises vers le Midwest américain de façon plus fiable et en moins de temps que depuis les grands ports des É.-U. parce que sa population de 13 000 habitants seulement ne constitue pas un obstacle à la circulation des marchandises. En plus de grandes installations pour les marchandises en vrac, le port a ajouté 500 000 EVP en capacité de conteneurs en 2007 et prévoit d’en ajouter encore 2 millions, voire plus par la suite. Sans apporter de solution à tout, Prince Rupert peut beaucoup aider à répondre à des besoins importants en matière de capacité.

Conclusion? Le commerce international devrait repartir dans la foulée de l’économie mondiale, et l’infrastructure commerciale mondiale sera encore mise à l’épreuve. Les principaux ports seront une fois de plus en ligne de front et ceux qui investissent à l’heure actuelle en recueilleront probablement les fruits à moyen terme.

Source : Le propos de la semaine, EDC. En ligne

8 septembre 2009 / AT








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